
Une
femme de toute beauté devant mes yeux, est venue à passer.
Pressé
de vouloir l’approcher, je me suis, par son pas, laissé emporter
Sous
sa robe, tout juste caché de la tiédeur de l’été,
Je
devinais un corps splendidement structuré.
A
peine nous étions-nous l’un à l’autre présentés,
A
peine je n’en crus mes oreilles, elle me voulait près d’elle.
Cette
femme, depuis de longs mois, cherchait un peintre,
Unique,
non connu du public. Cette femme me voulait moi !
Flatté
autant qu’intimidé, j’acceptais néanmoins de travailler cette étoile,
De
la poser sur une toile.
Jamais
je n’avais peint de nu, jamais même vu de femme nue.
Les
premières touches du bout de mes doigts étaient douces.
En
un coup de pinceau, je donnais vie à mon tableau.
De
ce visage prestigieux, je ne peins pas tout de suite les yeux.
Avec
noblesse, je dessinais la courbe de ses fesses,
Ses
seins dressés comme par fierté exposaient au miroir qui me montrait
Ce
qui d’elle aurait pu être caché. Enfin,
je peins ses longues jambes jusqu’aux pieds,
Offrant
on ne peut plus de féminité.
Maintenant,
sur le visage, il me fallait retourner, défiant tous les diables,
D’un
rouge vif sur ses lèvres posé, sur ses lèvres ni tristes, ni gaies.
Ses
yeux inconnus, merveilleux qu’il me pressait désormais
De
teinter du bleu des cieux percèrent au plus profond de mon être,
Ce
qui de moi n’avait pu naître : le sentiment, l’amour d’un être.
J’avançais
du regard sur ce corps divin, naissant sous l’instant de mes mains.
Tout
de moi était pris, créativité du maître sortie.
A
ce nu sur ma toile, je venais de donner une âme,
Au
moment ou mes yeux s’inondaient dans ceux de cette dame.