
Tout
près de moi sur le quai,
Le
regard plus triste que gai,
Il
est là, pardonne à la mer
Bien
que son cœur reste amer.
Les
yeux posés sur l’étendue qui n’en finit plus,
Il
sait que ses compagnons, il ne verra plus.
Devant
lui, calme comme envoûtée,
Cette
mer qui, il y a des années, déchaînée,
Son
navire tout entier a emporté.
Seul
rescapé de toutes ces vies,
Que
la mort au fond de l’océan a ensevelies,
Il
ne peut oublier ces visages, ces cris étranglés par la peur.
Il
lui faut chaque jour, revenir sur le quai,
Il
lui faut chaque jour, faire le guet
Jusqu’à
ce que ses yeux, fatigués
Voient
sur l’eau se promener
Les
fantômes, de ses coéquipiers
Qui,
tour à tour, viennent le saluer
Loup
des mers, il les nommait,
Amis,
encore aujourd’hui, il aimerait retrouver.
Soudain,
le phare au loin s’allume
Peu
à peu, la mer disparaît sous la brume
Le
vieux marin est là
Le
cœur serré sur son passé
Qu’il
sait ne pouvoir oublier,
Qu’il
sait qu’à tout jamais, ce passé l’a lui aussi, tué.