LA TOILE DU VERGER

 

 

 

Jardinier, se donnait à sa tâche

Pulvérisait, les fruitiers, sans relâche

 

Poiriers, pêchers, pommiers et cerisiers

Se laissaient, d’abeilles butiner, leurs fleurs, toutes parfumées

 

Quelques moineaux, à peine réveillés, d’un hiver dépassé

Perchés sur des branches, chantaient, la fraîcheur du printemps retrouvée

 

Damoiselle, fidèle à son aquarelle, ce matin là, peignait pour immortaliser

Dame nature, qui, de ses arbres en ce verger, se manifestait

 

Toutes couleurs, les unes après les autres, sur une toile de maître, couchées

Représentaient, à la perfection, à en entendre d’elles, de les regarder

 

Les abeilles, de fleur en fleur voler

Pour de pollen, se charger

 

En cet endroit de destinée, naturellement, se déroulait

Ce qui du créateur, chaque année, renaît

 

Quand, deux regards se sont croisés

Pour ne plus, l’un de l’autre, pouvoir se détourner

 

Aquarelle, poiriers, pêchers, pommiers et cerisiers

Se sont vus abandonnés, de damoiselle et du jardinier

 

Quelques heures de l’interdit, se sont laissées, aller

Dans la cabane du verger, au milieu d’arbres fruitiers

 

Quelques heures d’amour partagé, dans le péché, à ne pas être marié

Entre une damoiselle, et son jardinier

 

Quelques heures d’amour, à ne pas au monde, dévoiler

Qui, jamais de doigts, sur la toile du verger, ne seraient peintes ou, dessinées.